10 Juillet 2025
Certains projets économiques peinent à voir le jour dans le Lot : la CCI et les élus appellent à "resserrer les rangs".
La teneur de cet article de La Dépêche appelle Tolerme Nature à exercer un Droit de Réponse qui s'inspirera amplement du texte suivant :
Suite à une réunion CCI Grand Figeac, acteurs locaux et madame la préfète du Lot, un article de La Dépêche reprend des propos d’élus évoquant "des militants Anti Tout pour que rien ne bouge « .
Ces propos sont dignes du 19e siècle, alors que l’on découvrait à peine l’importance vitale de l’environnement et que les élus prenaient unilatéralement leurs décisions, leur « responsabilité », sans autre considération que leurs propres ambitions et intérêts locaux.
La campagne des Municipales 2026 est donc lancée et l’heure aux bilans locaux. Il est beaucoup plus facile de mettre l’échec de certains projets sur le dos de « militants antitout » que de reconnaître des erreurs, des manques de réflexion, de partage et d’anticipation.
En ce qui concerne le Lac du Tolerme, nous devons vous rappeler que les « opposants » ne sont pas une minorité d’anonymes « pas d’ici » mais de simples usagers, accessoirement contribuables citoyens, protestant :
Nous éviterons de parler des aspects environnementaux qui ne vous soucient guère dans le fond (encore moins quand il s’agit d’un territoire loin en aval), sinon que, dans ce domaine là aussi, trop de contraintes pèsent sur les projets non agricoles.
En passant, disons qu’il n’est pas très honnête d’occulter totalement vis à vis du public la nécessité finalement avérée de travaux d’assainissement importants avec un coût estimé de + 1 million d’€ à charge de la collectivité … travaux auxquels le privé aurait « peut-être » pu participer (comme à d’autres travaux de raccordement ou d’entretien général du lac – 200k€ annuels), les promesses n’engageant que ceux qui les écoutent et veulent surtout y croire.
Nous vous rappelons que, dès la prise de connaissance par rumeurs de ce projet début 2020, nous avons multiplié les démarches pour comprendre, questionner, partager sur ce projet, réclamer une Réunion Publique d’informations (finalement organisée en septembre 2021), réunion au cours de laquelle le promoteur était chargé de donner toutes les réponses attendues. Aucune ne fut claire.
On se mit alors à communiquer largement sur la Concertation Publique.
Un vote consultatif Pour ou Contre le Projet fut même organisé dans les 11 communes impliquées dans la gestion du lac, excluant tout autre profil que les résidents inscrits sur leurs listes électorales, sans laisser aucune place officielle aux arguments des opposants (qui durent éditer et diffuser une plaquette à leurs frais) sinon lors de quelques réunions publiques précédant le vote. Mais là encore, sans jamais donner de réponses ni d’engagements clairs, ni jamais rassurer personne.
Exit toute possibilité de véritable participation, de collaboration entre tous.
Exit toute possibilité de projet « local », seul le projet d’un grand professionnel pouvait être pris en compte. Et cela continue.
Les « prétentions » du projet ont certes été réduites sur les plans présentés au fur et à mesure, pour répondre aux « revendications « et au règlement d’urbanisme national, document légal, voté par les élus de la république ; parkings rebaptisés en parkings publics, nombre de « bungalows » réduit et ceux occupant la zone « barbecues » effacés, l’accès à la plage et transats privés promis au public hors période estivale…. Etc
Lorsque Sandaya a annoncé publiquement son retrait en janvier 2024, il fut bien commode d’en faire porter la seule responsabilité aux opposants ( "alors que la population locale était à 70% pour le projet..." soit la proportion de votants POUR ).
On oubliait juste de dire qu’entre l’inflation des coûts de matériaux et de construction, le coût de l’assainissement, sans plus pouvoir faire main basse sur le domaine public et, ajouté à ça, les restrictions d’eau à venir (notamment une nouvelle règlementation en préparation pour les campings *…), un tel investissement dans le Haut Segala ne devenait juste plus rentable du tout.
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* A propos et pour comprendre la démarche des promoteurs de camping , on lira avec intérêt un article de QUE CHOISIR https://www.quechoisir.org/enquete-vacances-le-camping-devient-il-un-luxe-n166944/ dans lequel François Georges, le fondateur et patron de Sandaya, s'exprime....
...notamment dans ce passage qui rappelle les alertes que nous formulions : « …. il n’est plus possible de créer de nouveaux terrains en France. Pourquoi ? « Loi Littoral, loi Montagne, conservation du patrimoine, etc. Les réglementations sont telles qu’on ne peut plus transformer d’espace naturel en camping », observe Nicolas Dayot, de la FNHPA. Avant de se reprendre : « En fait, vous avez le droit de construire un camping… dans un endroit où un campeur ne veut pas aller. Si vous vous mettez entre un crématorium et une casse automobile, on vous délivrera peut-être un permis, mais les pieds dans l’eau à Ramatuelle (Var), ce n’est plus envisageable ! » Un argument de poids. « Les fonds d’investissement savent qu’il y a des barrières à l’entrée, qu’on n’aménagera plus d’autres sites. Ça les rassure », observe François Georges, de Sandaya.