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Tolerme Nature

Chroniques d'Edmond

 

>> Août 2021

Quelques rappels (rapport du GIEC du 9 août 2021, date anniversaire du bombardement atomique sur Nagasaki), quelques questions, suivies de quelques remarques...

- Mégafeux en Amérique du Nord, en Australie, en Sibérie, en Turquie et en Grèce.

Pluies diluviennes en Allemagne, en Belgique, en Chine ou en Inde. Avons-nous déjà oublié les pluies diluviennes dans les vallées de la Roya, de la Vésubie et de la Tinée, début octobre 2020 ?

En sommes-nous encore au stade où nous sommes fascinés par les images de ces catastrophes, sans jamais faire le lien avec nos activités industrielles, agricoles, de déplacements...  avec le productivisme ?

Chroniques d'Edmond

Famine à Madagascar – considérée comme la première de l’histoire moderne a être entièrement causée par le changement climatique. Depuis le début de l’été, les catastrophes liées au réchauffement planétaire se succèdent.

Un courant océanique majeur, baptisé « circulation méridienne de retournement atlantique » (Amoc), montre des signaux de déstabilisation « effrayants » aux dires de Niklas Boers, auteur de l’étude.

Chroniques d'Edmond

- Il est « sans équivoque » que les activités humaines ont réchauffé l’atmosphère, les terres et les océans depuis 1750, début de la révolution industrielle. Les puits de carbone (les océans et les arbres) arrivent à saturation, car nettement moins efficaces avec les hausses moyennes de températures. La montée des eaux est déjà irréversible, pour une durée centenaire, voire millénaire.

- « Nous sommes entrés dans le dur. Cet été n’est qu’un avant-goût de ce qui nous attend si nous n’agissons pas dès maintenant » », a alerté le climatologue Christophe Cassou (directeur de recherches au CNRS et co-auteur du rapport) le 9 août dernier, alors que le rapport du GIEC vient d’être publié, lançant une alerte rouge mondiale. Alerte rouge.

- « Chacune des quatre dernières décennies a été successivement plus chaude que toute décennie depuis 1850 », dit encore ce rapport du GIEC.

Chroniques d'Edmond

- « L’influence humaine explique entièrement le réchauffement planétaire observé pour la décennie 2010-2019. C’est avec certitude la décennie la plus chaude depuis deux mille ans et même probablement depuis cent mille ans…  Ce n’est même plus un consensus scientifique mais un fait établi, précise Christophe Cassou. Le changement climatique conduit à des événements climatiques extrêmes plus intenses et plus fréquents. Cela se traduit par exemple par des canicules plus longues et qui surviennent plus tôt ou plus tard que leur saisonnalité habituelle. »

- « Le changement climatique affecte déjà toutes les régions de la Terre et de multiples façons », a avancé Panmao Zhai, climatologue chinois et coprésident du groupe de travail I du Giec.

- « Le pourtour méditerranéen est une des régions mondiales les plus impactées par le réchauffement, c’est assez frappant dans le rapport, détaille Valérie Masson-Delmotte, paléoclimatologue et coprésidente du groupe 1 du Giec depuis 2015. Aujourd’hui, les épisodes de sécheresse peuvent s’étendre jusqu’à quarante jours en moyenne, mais avec un réchauffement à 2 °C, on pourra atteindre soixante-dix jours. Les caractéristiques météorologiques qui renforcent les feux de forêt en Méditerranée seront aussi accentuées, c’est très net. »

- « Le méthane est le deuxième contributeur en termes d’émissions de gaz à effet de serre mais il a une courte durée de vie. Si on réussit à diminuer drastiquement nos rejets de méthane, on peut vraiment agir sur le réchauffement climatique. C’est un composé ‘’gagnant-gagnant’’ car il permet aussi de diminuer la pollution à l’ozone », avance Sophie Szopa, autrice du rapport et spécialiste de la modélisation des cycles biogéochimiques.

- Que font les décideurs pour « préparer » les territoires (faune, flore...) ET les habitants, afin de faire face aux différents scénarios des dégâts climatiques à venir : canicules, sécheresses, incendies, pluie diluviennes, pour en amoindrir les conséquences et les impacts ? Rien !

- Que font les décideurs pour fortement inciter tous les acteurs (particuliers, professionnels, institutions, …) à diminuer leur empreinte carbone, maintenant, d’une manière urgente, car le rapport du GIEC parle d’alerte rouge ? Le changement climatique n’est pas une « opinion », dont on pourrait discuter jusqu’à l’aube et tous les soirs. C’est déjà le quotidien violent, parfois meurtrier, de nombre d’habitants de la planète. Les migrations climatiques sont les premières en nombre de migrants. Et comme dans un retournement cruel, ce sont eux, les moins « émetteurs » de GAS, et de très loin, qui subissent nos émissions et doivent fuir les conséquences de nos modes de vie, en parfait cupides.

Chroniques d'Edmond

Le projet de camping de luxe pour tourisme de masse est décalé face aux décisions urgentes à prendre. C’est un projet d’un autre temps, celui de l’irresponsabilité climatique, de l’insouciance consumériste, celui des dégâts les plus grands, celui de toutes les pollutions… On est en mesure d’attendre des propositions, des décisions à la hauteur des enjeux, ensemble,  dans des exercices de démocratie directe, c’est de nos sorts communs dont il est question…. Et de ceux de nos descendants, auxquels on laisse une poubelle chauffée à blanc en guise de planète.

C’est d’une campagne massive de désintoxication au productivisme dont nous avons besoin, un besoin vital.

Là où nous devrions discuter des réponses urgentes à apporter, face aux dégâts climatiques, nous allons encore perdre du temps très précieux à discuter de la pertinence d’un projet absolument inutile et toxique, selon le bon vouloir de décideurs dépassés qui y sont favorables, comme s’ils étaient définitivement installés dans une boucle temporelle des années 1980. Nous n’avons plus le luxe d’attendre.

Nous ne voulons pas « d’urbain » (même sous la forme de camping) dans nos campagnes, nous bétonnons l’équivalent de 5 stades de foot toutes les heures. Les campagnes sont les territoires parmi les plus résilients, face à tous les dégâts climatiques, encore faut-il prendre conscience de la richesse extraordinaire des campagnes . Quel est la « valeur » d’un près, d’un champ, de haies, d’arbres ? Un arbre, c’est environ 200 espèces (insectes, faunes, flores) qui cohabitent, qui y viennent, qui échangent, qui assurent des rôles écologiques vitaux qu’aucun camping, même de « luxe » n’arrivera jamais à effectuer !

« Quand le dernier arbre aura été abattu, quand la dernière rivière aura été empoisonnée, quand le dernier poisson aura été péché, alors on saura que l'argent ne se mange pas. » Géronimo

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